Exercer dans la Manche : le choix de ces médecins

Ils ont choisi la Manche pour pratiquer la médecine : ils témoignent !

Nous sommes allés à la rencontre de ces médecins généralistes, spécialistes, dentistes, venus s'installer dans la Manche !

Pouvoir prendre sa pause déjeuner face aux vagues, entre deux consultations : c'est ça être médecin dans la Manche !

Le "retour aux sources" de Capucine Champvalont, dentiste

La belle histoire manchoise de Capucine Champvalont, dentiste à Bréhal

Chirurgienne-dentiste, le Dr Capucine Champvalont est née dans le Cotentin et a ouvert son cabinet à Bréhal. Pourtant, revenir s’installer dans la Manche était loin d’être une évidence. Aujourd’hui, pour rien au monde elle ne repartirait. Témoignage.

Et si, dans cette histoire de retour aux sources, c’était une maison qui avait forcé le destin ? En 2014, Capucine Champvalont n’a pas encore terminé ses études d’odontologie qu’elle prend avec son compagnon une décision radicale : ils iront s’installer à la Réunion. « Notre décision était prise, on voulait partir. Et puis… on est tombé sur cette maison. Un coup de cœur », raconte-t-elle. Cette maison, c’est une ancienne bâtisse en granit nichée entre Sartilly et Jullouville, comme la terre manchoise sait en produire. Un coup de cœur à un prix plus que raisonnable (une autre particularité locale), avec grand jardin et vue imprenable sur la campagne, le genre d’arguments qui comptent. « La Réunion, ce sera pour un voyage », dit-elle aujourd’hui sans l’ombre d’un regret. Il faut dire que, depuis cet achat, de l’eau a coulé sur l’estran : deux enfants sont nés et un cabinet dentaire, le sien, a ouvert à quelques kilomètres à vol de mouette de là.

C’est en effet à Bréhal que le Dr Capucine Champvalont écrit un autre chapitre de son histoire manchoise, professionnel celui-ci. Pour y parvenir, elle s’est entourée d’une de ses amies, désormais consœur, rencontrée sur les bancs de la fac. La Manche n’était pas une évidence, même si la jeune dentiste y a grandi, avant de filer à Caen pour étudier la médecine, puis à Rennes pour poursuivre en faculté de chirurgie dentaire. En Bretagne, elle y passera cinq années, « nouant là-bas des amitiés ou des amours, jusqu’à me poser la question d’y rester après mes études ».

Le déclic, l’amitié

Mais c’était sans compter sur cette maison et le travail de son conjoint dans la Manche. « Il travaillait près de Granville et j’ai eu envie de me rapprocher de lui », raconte-t-elle. Alors, en dernière année, elle décide de réaliser son stage actif dans la Manche. Problème : de ce côté-ci du Couesnon, les stages ne courent pas les rues. Mais l’étudiante réussit à convaincre un dentiste de Granville. « J’y suis allée au culot et ça a fonctionné ! ». Les quatre dentistes du cabinet granvillais ont fini par voir d’un très bon œil l’arrivée de ce renfort inespéré. « Après une semaine d’observation, on me confiait des opérations de stérilisation et des tâches administratives, ce qui m’a permis d’engranger beaucoup d’informations utiles en vue d’une future installation, raconte-t-elle. Mais surtout, mon maître de stage a été super, toujours disponible pour débriefer ou m’expliquer les soins ». Le week-end, Capucine Champvalont bûche sur sa thèse consacrée aux soins dentaires pour les enfants porteurs de trisomie 21. L’année est intense. 

Thésée, la jeune diplômée accepte de devenir collaboratrice au sein du cabinet de Granville « Je passe alors de 2 à 15 patients par jour, avec de très grandes amplitudes horaires ». Et la sauce prend. Quelques mois plus tard, voilà qu’on lui propose déjà de racheter les parts d’un dentiste bientôt retraité. Après réflexion, elle déclinera. Un autre projet la taraude, celui de monter son propre cabinet. « Je voulais être moteur, avoir mon lieu, démarrer à zéro », dit-elle. Mais pas toute seule. Elle en discute alors avec son amie dentiste et consœur et toutes deux tombent d’accord pour ouvrir ensemble ce cabinet. « Le fait d’être deux nous a donné beaucoup de force, assure-t-elle. Et comme mon amie avait une sœur dentiste sur Avranches qui venait de s’installer, nous avons pu bénéficier de son petit réseau d’artisans ! ». En trois semaines, le projet est lancé.

Accueillie les bras ouverts par le maire

Mais où s’installer ? Les deux jeunes dentistes ciblent une large bande entre Avranches et Granville, dans une zone sous-dotée pour bénéficier d’aides à l’installation. Après avoir eu une touche à Sartilly, c’est finalement à Bréhal que ça mord. « La réactivité du maire a été déterminante. Nous l’avons contacté et, le lendemain, il nous proposait déjà un local ». Les étoiles s’alignent, la mairie de Bréhal les soutient sans réserve et les artisans locaux font preuve d’une formidable réactivité. « En novembre 2015, on recevait les premiers devis. En janvier, les travaux commençaient », relate la dentiste. Le nouveau cabinet prend forme, une assistante est recrutée et Capucine Champvalont quitte son poste à Granville. Le 4 avril 2016, le cabinet ouvre ses portes. « Cette date, je ne l’oublierai jamais ».

Dans ce moment charnière, les deux jeunes professionnelles ont aussi pu compter sur des aides à l’installation, autant de coups de pouce précieux quand il faut investir dans des travaux d’aménagement ou l’achat de matériel neuf. Chacune a notamment touché 15 000 € dans le cadre du contrat incitatif, aujourd’hui contrat d’aide à l’installation des chirurgiens-dentistes, de la part de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Manche.

« La côte est magique »

Plus de quatre ans après l’ouverture du cabinet, la dentiste de Bréhal affiche un franc sourire. Sa patientèle ? « Génial ! Des gens respectueux et agréables à vivre », dit-elle. Tous les voyants sont au vert, et pas seulement au travail. Son épanouissement, Capucine Champvalont le nourrit dans ce territoire et sa douceur de vivre. « Rien que pour ça, de jeunes dentistes devraient venir s’installer ici ! lâche-t-elle avant d’en énumérer les points forts. En 15 minutes de voiture, sur des routes paisibles, je suis au cabinet, la côte du sud-Manche est magique, nous sommes à une heure de Caen ou de Rennes et nous avons obtenu des places en crèche en un temps record ! »

Et quand ses enfants seront plus grands, elle compte bien enfiler à nouveau sa combinaison de plongée, une passion mise entre parenthèses depuis des années. « La Manche regorge de super spots de plongée, depuis Chausey jusqu’aux épaves du côté de Cherbourg », rappelle-t-elle. En attendant, c’est dans la campagne, lors de balades avec ses enfants et son conjoint, guide naturaliste et ornithologue en baie du Mont Saint-Michel, qu’elle puise son oxygène et sa force. Mais aussi dans son grand jardin, un nouveau terrain de jeu pour celle qui ne connaissait pas grand chose aux végétaux avant d’arriver ici. Mais ici, c’est une autre histoire de fraise qui s’écrit.

La nouvelle vie de Tiffany Vigier-Desquesnes, médecin généraliste

Dr Tiffany Vigier-Desquesnes : jeune médecin en zone rurale, si loin des clichés

Même après avoir grandi dans la Manche, pouvoir contempler la mer depuis son cabinet produit toujours son effet magique. Pour rien au monde Tiffany Vigier-Desquesnes, 30 ans, ne changerait de vie, ni sa place de médecin généraliste au sein du Pôle de santé libéral et ambulatoire des Pieux. Rencontre.

« Pas de transports en commun, un vrai confort et un bureau avec vue sur mer, c’est quand même vachement chouette », glisse la jeune praticienne entre deux rendez-vous. Il y a 2 ans, c’est donc ici, au PSLA des Pieux, que Tiffany Vigier-Desquesnes a choisi de poser ses valises et son stéthoscope. Depuis, son conjoint a trouvé un emploi d’ingénieur dans le secteur du nucléaire, leur fils a vu le jour et tout ce petit monde vit dans une belle maison au grand air.

Mais revenons en arrière. Comment cette jeune médecin généraliste de 30 ans s’est-elle retrouvée dans ce bout de Cotentin ? Comme souvent, tout débute lors des stages réalisés au cours des études de médecine. Tiffany Vigier-Desquesnes est étudiante à la fac de Caen. La Manche, elle connaît, elle en vient. Mais c’est son expérience d’interne au PSLA des Pieux, puis une vacation d’un semestre à la PMI (Protection maternelle et infantile) de Valognes, qui finiront par la convaincre de revenir s’installer ici. Quand on lui propose une place dans le premier, elle n’hésite pas. « Le PSLA était très attractif et le rejoindre me permettait de poursuivre des vacations à la PMI », raconte-t-elle.

Séduite par un pôle santé moderne et dynamique

L’aide financière apportée par le Conseil départemental de la Manche a également pesé. Interne, elle a pu bénéficier d’indemnités de déplacement, avant de toucher une prime d’installation une fois diplômée, « ce qui m’a permis d’acheter tout le matériel pour équiper mon cabinet, notamment une table d’examen modulable pour la gynéco », détaille-t-elle. Un « détail » loin d’être négligeable au moment de franchir le pas.

Aujourd’hui, Tiffany Vigier-Desquenes prend racine et se sent bien. Autour d’elle, le PSLA fourmille : quatre autres médecins généralistes, deux remplaçants, un ou deux internes selon les moments, trois infirmiers, un podologue, trois orthophonistes, un orthoptiste, un psychomotricien, deux psys, une diététicienne… Un vrai écosystème de praticiens « jeunes et dynamiques » dans lequel elle s’épanouit. « Nous formons une équipe, un super tissu », s’enthousiasme-t-elle.

Médecin généraliste à la campagne ? Les clichés volent en éclats. « Travailler toute seule, je n’aurais pas voulu. Pour la dynamique professionnelle déjà, pour la vie de famille aussi », confie la jeune maman. « J’ai pu être remplacée pendant mes 4 mois de congés maternité par un interne en stage ici. J’aurais eu du mal à trouver un remplaçant si j’avais été isolée ».

A 30 ans, elle déborde de projets. « Je travaille à mettre en place des protocoles avec les paramédicaux, je me forme à l’échographie et à la gynécologie pour tendre de nouvelles cordes à mon arc. Avec des aides de la sécurité sociale, j’ai même pu acheter un échographe », raconte-t-elle. A côté, les patients répondent présents. C’est aussi l’avantage d’exercer dans la Manche. « On trouve de tout ici : des anciens, mais aussi pas mal d’actifs et des jeunes, d’où la demande importante pour la gynéco », analyse-t-elle. Le PSLA dispose même d’une salle d’urgence, avec possibilité de suturer, ou encore un électrocardiogramme. Des liens forts ont été tissés avec l’hôpital de Cherbourg-en-Cotentin ou la polyclinique. L’effet réseau qui plaît tant aux jeunes praticiens bénéficie avant tout aux patients.

Pause-déjeuner face aux vagues

Mais il n’y a pas que le boulot dans la vie. Tiffany Vigier-Desquesnes adore son cadre de vie. Avec son conjoint et leur fils d’un an, c’est dans une grande maison, à 20 minutes à peine du cabinet, suffisamment loin toutefois pour déconnecter mais assez près de Cherbourg, qu’ils ont élu domicile. Une jolie maison, « rénovée au fur et à mesure », et nichée dans cette nature « où notre fils s’émerveille ! ». Et la mer, partout, qui apaise et vivifie. Après une visite de patient, il n’est pas rare que la jeune généraliste s’offre une pause déjeuner. Sur le pouce, oui, mais face aux vagues. Prendre l’air marin avant de retourner au cabinet, une petite routine qui n’a pas de prix.

L’avenir, le Dr Vigier-Desquesnes l’envisage ici, sans l’ombre d’un doute. « Il y a de l’avenir dans ces territoires et je compte bien continuer à évoluer », confie-t-elle. Surtout qu’en parallèle, les partenariats tissés avec les établissements hospitaliers publics ou privés du département ouvrent de nouvelles perspectives. « Je crois que nous sommes au début d’un nouveau dynamisme médical en milieu rural. Pour y arriver, il faut des jeunes motivés, car c’est quand on a 30 ans qu’on peut faire bouger les choses ! »

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