Xavier Gonzales fondateur et directeur de l’Usine Utopik

Rencontre avec un artiste visionnaire qui fourmille d’idées

Faire découvrir l’art contemporain, voir un public inhabituel pousser les portes de l’usine, voilà ce qui anime chaque jour Xavier Gonzalez. Le temps, il ne compte pas, la monotonie il ne connait pas, pour lui aucune semaine ne se ressemble.

Avec son accent espagnol, il fait rayonner la langue française… Retour sur un parcours étonnant, celui d’un artiste catalan d’origine tombé sous le charme de la Manche.

Bonjour Xavier, d’où êtes-vous originaire ?

Je viens d’Espagne, plus précisément d’une petite ville à 25km de Barcelone.

Pourquoi et quand avez-vous décidé de quitter l’Espagne?

Je suis parti dans les années 85-86, j’étais artiste, et en Catalogne vivre de son art c’était compliqué. Deux villes m’attiraient beaucoup : Paris et New-York. Le plus simple au vu de mes finances était de partir à Paris. Venir en France pour moi c’était une vraie opportunité, c’est un pays culturellement très enraciné.

Comment et pourquoi vous êtes-vous installé dans la Manche ?

J’ai passé quelques mois à paris, puis j’ai rencontré un galeriste d’Honfleur qui m’a emmené vers la Normandie. J’ai pris contact avec l’école des Beaux-Arts de Caen. J’ai pu avoir un premier atelier à Mezidon Canon, entre Caen et Deauville en 86. Après avoir passé pas mal de temps dans le calvados je suis arrivé dans la Manche en 1997. J’ai pu m’installer dans un atelier à Saint-Jean de Savigny et j’ai honoré un mandat d’élu à la commune pendant 6 ans. Dans le centre Manche, il manquait de la vie culturelle, alors j’ai initié de nombreuses manifestations culturelles près de Cerisy-la-Forêt. J’étais artiste et en même temps j’organisais des événements…

Comment s’est passée votre intégration en Normandie, dans la Manche?

Au fil du temps j’ai découvert les normands, des gens gentils, un peu fermés au début, très différents. Je suis arrivé avec trois fois rien et les gens sont venus m’aider et m’accompagner. C’est différent du sud.

Parlez-moi de l'Usine Utopik, comment ce projet a vu le jour ?

En 2007 je suis arrivé à Tessy-sur-Vire. J’ai cherché à monter un projet. J’ai découvert ce bâtiment, je l’ai acheté ! Mon idée c’était appeler des amis artistes dans tous les domaines et créer un collectif. L’association Art & Design qui porte l’Usine Utopik est née comme ça.
Il y a eu un appel à projets régional dont l’ambition était de créer des relais culturels, décentralisés des grandes villes. J’ai postulé. Mon dossier sortait du lot et a été récompensé… L’usine Utopik est devenue le premier relai culturel en Normandie, inauguré par Laurent Beauvais en 2009.

Quels publics touche l’Usine Utopik ?

L’usine Utopik touche un public à 100km à la ronde. Des personnes de Rennes, Caen font le déplacement. On a un public d’habitués. Et quel bonheur quand je vois ce couple d’agriculteurs passer la porte ! Ça me donne la détermination pour toucher des publics plus larges, de faire venir les enfants avec les écoles. Et voir cet étonnement sur le visage des gens devant les œuvres des artistes… Ce que j’aime c’est sensibiliser le tout public à l’art pour les aider à pousser les portes des centres d’art contemporains.

 

Que diriez-vous à quelqu’un qui ne connait pas la Manche ?

Il ne faut pas hésiter à venir dans la Manche. C’est tellement étonnant d’avoir les 4 saisons dans une même journée !

Quels lieux affectionnez-vous particulièrement ?

Les îles Chausey, on est ailleurs. C’est extraordinaire. Dans le Nord Cotentin aussi, depuis Omonville  jusqu’au Nez de Jobourg. Le département est magnifique.

Que manque-t-il dans la Manche ?

Rien ! On est bien, tranquille, il n’y a pas trop de monde ! Par exemple à la plage on n’est pas les uns sur les autres !

À quoi ressemble votre vie dans la Manche, votre rythme ?

Les semaines ne sont jamais pareilles ! Je ne compte pas mon temps.

Quels sont les lieux culturels que vous invitez à découvrir ?

Le parc de sculptures à Cerisy-la-Forêt, il y a 125 sculptures à découvrir, une aire de jeux pour les enfants, des espaces pour pique-niquer… C’est un lieu exceptionnel. Les œuvres pérennes issues du festival des Bords de Vire à Tessy. Les fours à chaux à Regnéville devenu un lieu de résidence. C’est une superbe idée, cela permet de voir la genèse d’une œuvre, de montrer aux gens comment se crée une œuvre. Le point du Jour à Cherbourg, La Nuit des Soudeurs à Granville…
Il y a une vraie dynamique culturelle dans la Manche qui n’est pas assez soutenue.

La Manche vous inspire-t-elle?

La Manche est inspirante depuis longtemps. Il y a un côté bucolique dans la Manche. Dans la création on a besoin d’une relaxation mentale. Ici on est apaisé pour créer. La configuration du département est faite comme ça, des petites villes avec beaucoup de campagne. On se retrouve comme dans un cocon tranquille avec une nature exubérante. On peut se loger facilement.  Il y a tout pour qu’un artiste soit bien pour créer. On a d’ailleurs un vrai potentiel de personnes créatives mais il faut savoir les défendre pour les garder.

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